The Basketball Which Kuroko Plays
 
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 On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !

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Tôo
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MessageSujet: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   06.05.15 18:17



Walker Noa
Le garçon qui n'arrivait pas à échapper à son destin




  • Nom : Walker
  • Prénom : Noa
  • Surnom : Black Wolf, du temps où il jouait de façon officielle, et ce que vous voulez sinon
  • Age : 17 ans, en deuxième année
  • Date de naissance : 10 septembre
  • Nationalité: Anglaise (d’Angleterre)
  • Taille : 1m70
  • Poids : Bande d’indiscrets, tss
  • Orientation sexuelle : Bi-sexuelle
  • Statut social : Aisé
  • Poste au basket : Je jouais au poste d’arrière avant d’arrêter le basket. Je deviendrai, bien plus tard, l’assistant manager de Toho, et encore bien plus tard, arrière au sein de l’équipe.
  • Situation familiale : Je vis avec mes parents dans la maison familiale. J'ai un grand-frère, Allen, de trois ans mon aîné, qui vit dans son propre appartement. J’ai toujours été célibataire, cependant je suis déjà tombé amoureux. Je me suis, par contre, promis de ne plus jamais retomber amoureux, après avoir perdu celui que j’aimais intensément...
  • Etablissement : Toho (je vous jure que ma joueuse aurait jamais pensé mettre un de ses personnages dans ce lycée un jour XD)
  • Double Compte : OUI QC après Jackson Amy, Akashi Seijuro et Yoshida Izumi
  • Avatar : Red – Pokémon


(c) crédit


CARACTERE

Mon objet fétiche : Une casquette rouge et blanche, offerte par la personne que j’aimais, qui ne me quitte jamais
Ma devise : Quand la souffrance vous submerge, il faut toujours essayer d’aller de l’avant
Je n’aime pas : Le basket et une certaine personne
Mon plat préféré : Le plat d’anguille frit de ma mère
La matière où j’excelle le plus : L’anglais
Mon club : Musique, suivi plus tard de celui de basket
Mes hobbys : La photographie, le piano, l’informatique, le dessin, la lecture... Tout ce qui me tient à l’écart du basket, en fait
Ma spécialité : La photographie
Mon passe-temps : Prendre des photos ou jouer du piano. Anciennement le basket.
Mon type : Une personne qui arriverait à me faire oublier mes peurs pour de bon
La raison pour laquelle j’ai commencé le basket : J’admirais le jeu de mon frère et j’ai souhaité jouer à ses côtés
J’ai les yeux sur... : Mon frère

Ah, qu’est-ce que je peux bien faire ici, moi ? Franchement, qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour son grand-frère. Tu me revaudras ça, Allen. Oui, parfaitement. Je n’ai aucune envie d’être ici, pour raconter ma vie, après tout. Je sais, c’est une obligation pour pouvoir rester au Japon, mais franchement, je m’en passerais bien. Je n’ai pas que ça à faire. Oh ça va, j’ai compris, je me lance ! Mais tu le payeras tôt ou tard. Et enlève ce sourire de ton visage. Tu feras moins le malin, une fois que j’aurais terminé. Bon, puisqu’il faut y aller....

Bonjour, je m’appelle Walker Noa et j’ai dix-sept ans. Hein ? Un peu plus de bonne volonté dans ma voix ? Désolé, vous m’en demandez trop. Après tout, je ne suis pas là de mon propre chef. Je serais déjà parti si je ne sentais pas le regard de mon frère sur mon dos. Pardon, mais il faudra faire avec mon manque d’enthousiasme. Je suis là, c’est déjà bien. Je peux reprendre ? Bien. Vous avez compris qu’il ne faut pas me faire perdre mon temps, c’est déjà ça. Ah, pas besoin de te racler la gorge, Allen, j’ai compris, je vais rester poli. Désolé, messieurs, dames.

Bon, je ne suis pas d’ici, sinon vous vous doutez bien que je me passerais bien de cette corv... de cette formalité. Je viens d’Angleterre, plus précisément de Londres. Vous pouviez vous en douter avec mon nom. Hein ? J’aurais pu être américain ? En effet, mais je ne le suis pas, vous le savez maintenant. Qu’est-ce que je peux dire d’autre à mon sujet... Ah, vous l’aurez compris, j’ai un grand-frère, Allen. Ce qui n’a pas que des avantages... Ne te fâche, pas frangin, je plaisante. Sinon, et bien, nous venons d’arriver de Londres, mais nous connaissons déjà Tokyo. Enfin, cela a quand même changé un peu en neuf ans. Le temps passe vite... Voilà que je commence à philosopher, ce n’est pas de mon âge, il vaut mieux s’arrêter.

Je vais vous parler de mes qualités et de mes défauts. Ce qui n’est pas une mince affaire, et pour parler franchement, je m’en passerai bien. Enfin, ça vous l’avez probablement déjà compris. J’espère que vous, vous êtes là de votre plein gré. Et que vous n’avez pas un grand-frère esclavagiste qui vous fait travailler contre votre gré... C’était une blague, Allen. Une simple blague. D’accord, j’arrête. Mais, tu me cherches aussi, j’ai envie de dire... Enfin, reprenons les choses sérieuses. Un peu de sérieux, que diable ! D’accord, d’accord, j’arrête pour de bon, désolé c’était trop tentant. Rabat-joie...

Je sais plutôt bien garder mon sang-froid, en toutes circonstances, ce qui est plutôt pratique. Je ne suis pas du genre à paniquer dans la vie de tous les jours, encore moins quand des évènements imprévus se passent. Je garde mon calme et j’analyse la situation avant de prendre mes décisions. Je ne supporte, d’ailleurs, pas ceux qui foncent tête baissée, sans réfléchir. Non, franchement, on ne se jette pas dans un incendie sans penser aux conséquences ! Même si quelqu’un se trouve à l’intérieur, et qu’on le désire le sauver, il vaut mieux prendre quelques secondes pour se calmer et réfléchir. Parfois, cela permet non seulement de sauver notre peau, mais également celles des autres, y compris celle de la victime. Certes, je conviens qu’il y a parfois des urgences, mais sacrifier sa vie n’est franchement pas intelligent, de mon avis.

Enfin, je ne laisserais quand même pas quelqu’un mourir, simplement parce que je dois réfléchir avant. Je sais m’adapter. Mais, savoir analyser les choses est quand même très utile, la majorité du temps, croyez-moi. Je parle de drame, mais mon sang-froid m’aide aussi dans la vie de tous les jours. Croyez-moi, pour supporter une certaine manager, il en faut un paquet... Euh, tu étais là ? Pardo, ce n’est pas ce que tu crois... Aïe, bon, je suppose que je l’ai mérité. Reprenons.

Je suis quelqu’un de plutôt sociable, malgré les apparences. Certes, j’aime parfois rester à l’écart et je le fais volontiers. Surtout quand l’ambiance est bruyante, vu que je préfère le silence au bruit. Mais, je ne rejette pas pour autant les personnes qui viennent me parler. Et je reste quand même, relativement souvent, avec d’autres élèves, qu’ils soient de ma classe, de mon club ou d’ailleurs. Les seuls que j’évite tout particulièrement, à l’exception de la manager rose bonbon, ce sont les membres du club de basket. Je n’ai rien contre eux personnellement, mais s’ils sont dans le club, alors on ne peut pas être amis. A une exception près, bien entendu.

Enfin, tout cela pour dire, que je suis relativement sociable, en général. J’apprécie la compagnie de mes amis, même si je ne le montre pas forcément. Je ne suis pas forcément très bavard, mais je parle quand il le faut. En général, cela ne dérange personne. Je suis même plutôt populaire auprès de mes camarades. Qu’ils me connaissent bien ou non. Je surprends parfois les filles à me regarder en coin ou à rougir sur mon passage. Je reçois parfois même des déclarations et les garçons ne sont pas en reste.

Ah, ils ne se déclarent pas, ne vous inquiétez pas, mais cela ne les empêche pas de me coller, pour je ne sais quelle raison. Ils semblent m’apprécier et ma foi ce n’est pas pour me déplaire. Même si je n’hésite pas à le dire quand je préfère être seul. Je suppose que je suis un minimum charismatique pour avoir autant de monde autour de moi. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je ne suis pas suffisamment arrogant pour l’affirmer à cent pour cent. A vous de juger, je suppose.

Je dirais que je suis gentil ou tout du moins que je ne suis pas méchant. Je n’ai peut-être pas l’air amical, au premier abord, mais je ne suis pas non plus un monstre. J’intimide peut-être, mais ce n’est pas volontaire. A vrai dire, je suis assez différent suivant les personnes que je fréquente. Mes amis très proches me verront beaucoup plus ouvert que les personnes que je connais peu. Et encore, même avec mes amis très proches, ce n’est pas fameux. Je n’aime pas montrer mes sentiments, alors je parais souvent froid ou tout du moins indifférent.

Ce qui est loin d’être le cas, je dissimule juste ce que je pense ou ressens. Il est alors difficile de me déchiffrer. Et cela peut énerver, j’en suis parfaitement conscient. Néanmoins, la plupart du temps, ce n’est pas le but recherché. Et pour moi, c’est plus pratique qu’autre chose. Je ne suis pas méchant pour autant comme je l’ai dit. J’ai des sentiments, comme tout le monde. Je peux être serviable, amical, triste, amoureux ou que sais-je d’autre. Simplement, vous ne le verrez pas souvent. Les sentiments négatifs, tel que la colère et l’agacement, sont ceux qui s’expriment le plus facilement. Agréable, n’est-ce pas ?

Je suis du genre serviable et poli, en particulier avec les filles. Du moins, celles que je trouve agréables et intéressantes. Et non pas, superficielles et nunuches. Je suis même, parfois, gentleman, avec celles que je préfère. Je tiens les portes, je porte les sacs, j’empêche les harceleurs de les approcher. Je ne cherche aucune reconnaissance en le faisant. Mais, la plupart du temps, je reçois des chocolats, voir même des lettres d’amour... Je ne fais pas ça par intérêt, mais plus parce que j’ai été bien éduqué. Inutile de dire que celle qui reçoit le plus ce genre d’attention est ma chère Satsuki. Enlevez votre main, tout de suite, ou vous allez en prendre une ! Pardon. J’ai tendance à m’emballer quand il s’agit de ma meilleure amie, vous comprenez. Et gare à celui qui fera une allusion sur mes éventuels sentiments pour elle.

En tout cas, je ne suis pas du genre impoli, même avec les garçons, il faut vraiment me chercher pour que je le devienne. Au pire je deviens froid, distant, voir méprisant, avec les personnes que j’aime moins. Mais, après tout, on ne peut pas aimer tout le monde. Il serait hypocrite de ma part que de sourire à quelqu’un qui me tape sur les nerfs, n’est-ce pas ? Non, je ne citerais personne. Secret défense. En tout cas, je suis un garçon bien élevé. Hein ? De l’ironie ? C’est votre imagination, voyons.

Je suis digne de confiance. Quand on me confie quelque chose à faire, je le fais jusqu’au bout et je le fais bien. Que ce soit un devoir, le rangement de la classe, une tâche donnée par un professeur, un service rendu à ma mère ou je ne sais quoi d’autre. Si on me confie un secret, je le garderais pour moi. Et oui, je vous jure, il ne faut pas toujours se fier aux apparences, vous savez. Je suis également une personne sincère qui n’aime pas mentir. Bon, j’avoue que parfois, je suis un peu trop franc. Mais, je sais aussi faire preuve de tact et mesurer mes paroles, quand il le faut. Je suis également diplomate et je sais plutôt bien marchander. Pour que cela m'arrange, évidemment.

Intègre, je ne suis pas facilement manipulable. Vous pouvez essayer, mais vous verrez que je ne suis pas assez naïf pour me laisser faire. Je me fais confiance et je compte plus sur moi-même que sur les autres. Je suis du genre à me méfier des gens que je ne connais pas très bien, mais je sais également faire confiance aux autres, quand il le faut. Et même travailler en équipe. J’ai confiance en ma force, quelle qu’elle soit, et je ne baisse pas facilement les bras.

Quand je jouais au basketball, on m’appelait Black Wolf, mais l’animal qui me convient le mieux, c’est le renard. Je suis rusé comme lui. Pour ne pas dire calculateur, mais ça c’est une autre histoire. Que ce soit sur le terrain, à l’époque, ou dans la vie de tous les jours, aujourd’hui, j’utilise ma ruse pour m’en sortir. Quand j’étais petit, j’arrivais à voler du chocolat, malgré l’interdiction de ma mère de grignoter entre les repas, sans qu’elle s’en aperçoive. Bien sûr, aujourd’hui, je ne fais plus de choses interdites. Mais si, je vous assure, faut me croire. Cependant, cette partie de ma personnalité est assez pratique, je dois l’avouer.

Je suis du genre nonchalant, la plupart du temps. Ah, ne me traitez pas de paresseux, comme l’autre qui roupille sur le toit, tous les jours ! Ce n’est pas pareil. Je baille parfois, je marche lentement, j’ai souvent l’air de m’ennuyer ou le regard dans le vide. Mais, cela ne m’empêche pas de faire ce que je dois faire. Je ne rate jamais les activités de mon club et je ne rechigne jamais à faire mes devoirs, ranger ou je ne sais quoi d’autre. J'assume mes responsabilités. Alors, ne me comparez surtout pas à l’autre, sur son toit.

Parfois, enfin pardon, la plupart du temps, je suis assez taquin. Que ce soit avec l’ironie, les sarcasmes, l’hypocrisie ou la mesquinerie. Je ne suis jamais réellement méchant, cependant. J’aime juste agacer les gens, les faire sortir de leurs gonds, mais je ne blesse jamais gratuitement. Je ne m’attaque pas aux points faibles des autres. Enfin, pas souvent. Et si, par erreur, je fais souffrir quelqu’un, je finis toujours par m’excuser, par la suite.

Même si je garde mon sang-froid et mon calme la plupart du temps, il m’arrive d’être plutôt imprévisible. Par exemple, je peux avoir des sautes d’humeur, qui peuvent être assez violentes et inattendues. Cela ne va pas jusqu’à la folie, rassurez-vous. Et d’ailleurs, je garde toujours un minimum de self control. Mais, quand on me cherche trop, je finis toujours par exploser, à un moment ou un autre... Particulièrement, quand on aborde le sujet du basketball en ma présence.

Pourquoi, me direz-vous ? Et bien c’est un peu compliqué, vous en saurez plus dans mon histoire. Pour résumer, je hais à présent le basketball, de toute mon âme. Même plus, je ne supporte plus rien qui aurait un rapport, de loin ou de près, à ce sport. Je tolère la présence à mes côtés de la manager du club de basket de Toho, on se connaît depuis neuf ans après tout, mais c’est à peu près tout. Je n’aime pas quand mon frère, qui pratique toujours ce sport, en parle. Je n’aime pas quand Satsuki en parle. Je n’aime pas quand on essaie de me reconvertir. Oh, il m’arrive d’utiliser un ballon, pendant un bref instant, notamment pour jouer seul ou face à mon frère. Mais, cela ne dure jamais bien longtemps et, la plupart du temps, je finis par me sentir psychologiquement mal. Car, à chaque fois que je pense à ce sport maudit, c’est son visage qui vient me hanter. Hors, je ne veux pas me souvenir du passé qui se trouve être si douloureux..

Voilà, je crois que nous avons fait le tour. Il reste sans doute deux ou trois choses à aborder, mais il sera plus intéressant de les découvrir par vous-même, vous ne croyez pas ? Et non, je n’essaie pas du tout de clôturer au plus vite cette corvée, je pense avant tout à vous. Franchement, je ne suis pas si égoïste, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre... Cela aura été un plaisir de vous parler. Ah, qui va gober ça, de toute manière... J’espère que la prochaine fois qu’on se verra, vous ne me forcerez pas à faire quelque chose d’aussi agaçant.


HISTOIRE
Partie I

Je suis né dans un grand hôpital de Londres, de parents tous deux issus de familles relativement aisées. Tous deux s’étaient rencontrés pendant leurs études pour devenir instituteurs, il y a de cela maintenant pas mal d’années. Je n’étais pas leur premier enfant puisque ma mère avait donné naissance à un petit garçon, du nom d’Allen, trois ans auparavant. Mon grand-frère, donc. Ma venue fut une grande joie pour Alison, ma mère, Edward mon père et Allen, ainsi que pour le reste de leurs familles respectives et leurs autres connaissances. Ils m’avaient attendu tous avec impatience, après tout.

Mes premières années de vie ne furent pas extraordinaires. Simples, mais heureuses je pense. Je ne les regrette aucunement. Ma mère aimait beaucoup nous apprendre plein de choses différentes à moi et à mon frère. Malgré notre jeune âge, nous comprenions facilement ce dont elle parlait. Étant professeur, elle savait parfaitement comment s’y prendre pour se faire comprendre d’enfants, et ce même si elle enseignait au lycée. Elle était très douée pour ça. L’instinct maternel et d’enseignante, probablement.

Elle utilisait des livres d’images ou simplement les objets, les personnes ou les animaux de la vraie vie pour appuyer ses paroles. J’aimais beaucoup ces moments privilégiés avec elle et Allen. A vrai dire, je préférais ces moments à ceux passés à l’école. Mes professeurs enseignaient toujours moins bien, selon moi, que ma mère.

Alison étant enseignante de langues et spécialisée dans celles d’Asie, elle appréciait de nous faire découvrir les pays du bout du monde. Notamment, le Japon qui la fascinait. Et, très vite, cela nous fascina également. Ce pays semblait si différent du nôtre, si fascinant.

Elle nous achetait dès qu’elle pouvait de la nourriture asiatique afin de nous faire découvrir de nouvelles saveurs. Nous montrait les cerisiers en fleurs de notre quartier ou des dessins animés et des films pour enfants d’origine japonaise. On fêtait même parfois certaines fêtes japonaises en plus des anglaises. Mais le principal fut qu’elle nous apprit le japonais.

Elle était persuadée que nous pouvions apprendre une autre langue, en plus de l’anglais qui était notre langue maternelle. Et elle avait raison puisqu’on prit, tous les deux, beaucoup de plaisir à l’apprendre, malgré notre jeune âge. Et ce n’était pas comme si elle voulait que nous l’apprenions parfaitement. Savoir les mots de base, quelques phrases de routine, était suffisant. Malgré tout, je ne négligeai pas mes autres études. Mes professeurs n’avaient rien à redire, j’étais un élève sage, curieux et vif, avec des notes plus qu’acceptables pour mon âge.

Bien sûr, nous ne passions pas tout notre temps à étudier ou à apprendre des choses. Déjà, parce que nos parents n’étaient pas de ces parents qui voulaient que leurs enfants soient parfaits. Ils souhaitaient juste faire de nous des enfants ouverts et cultivés. Ils ne nous forçaient jamais à apprendre quelque chose quand nous ne le voulions pas, à part peut-être pour les devoirs obligatoires. Mais, en général, ils n’avaient pas à répéter l’ordre de le faire. En semaine, étant professeurs, ils n’étaient pas souvent là avec nous. Allen et moi étions gardés par une vielle dame très gentille. Nos parents faisaient, cependant, en sorte d’être là le plus souvent possible. Pour notre équilibre psychologique, certainement.

Allen et moi étions des enfants parfaitement normaux. On jouait très souvent ensemble, entre frères, ou avec nos parents. J’aimais dessiner, lire ou prendre des photos avec un petit appareil jetable, alors qu’Allen aimait plus se dépenser physiquement en faisant du sport. On jouait à divers jeux d’intérieur et d’extérieur. Malgré nos trois ans d’écart, Allen et moi étions très complices et rarement séparés, par choix. Ses amis m’acceptaient parfaitement, me trouvant assez mature pour mon âge. Alors que les miens adoraient mon frère qu’ils trouvaient classe et cela ne dérangeait pas vraiment mon frère d’être avec nous.

Un jour, on proposa à mon frère de commencer le basket dans le club de son école, à cause de sa passion pour le sport. De mon côté, je commençai le piano grâce à un cours organisé dans une école de musique près de chez nous. On se voyait un peu moins, mais nous étions toujours aussi heureux. Mon frère entra assez rapidement comme titulaire de son équipe pour remplacer un joueur blessé pour le reste de la saison. Allen était doué et prometteur, d’après son coach. Je faisais, quant à moi, des efforts pour apprendre à jouer du piano car je ne voulais pas me laisser dépasser. Mais cela ne m’empêchait pas d’être très fier de mon grand-frère.

Un jour, mes parents m’emmenèrent à un match d’Allen. J’étais curieux, car même si j’avais déjà observé mon frère s’entraîner à la maison sur le terrain improvisé par notre père, je ne l’avais jamais vu dans un vrai match. Souriant sur le terrain, il nous adressa un grand signe de la main, après nous avoir aperçu. Ce match allait changer ma vie... Pour le meilleur comme pour le pire.

Fasciné par les mouvements de mon frère, sa détermination à marquer ou à arrêter ses adversaires, je m’imaginai à sa place à plusieurs reprises, l’encourageant à plein poumons. Sans surprise, son équipe gagna après un dernier tir, marqué une fois encore par Allen. Dès que je le pus, je me jetai dans ses bras, le couvrant de félicitations joyeuses. Riant, il s’amusa à se décoiffer et on se taquina ensuite gentiment, sous le regard attendri de nos parents. Une fois à la maison, je ne perdis pas de temps pour demander à notre père si je pouvais, moi aussi, jouer au basket. Me sachant peu sportif ma famille fut surprise, mais heureuse, car j’avais besoin de me dépenser comme tout enfant de mon âge.

Ne souhaitant pas abandonner le piano, vu que je commençais à bien en jouer, mon père accepta, avec l’aide de mon frère, de m’apprendre les bases. Après tout, contrairement à Allen qui prenait à présent le basket très au sérieux, je ne me voyais pas devenir professionnel un jour. A mes yeux, c’était surtout un loisir. Ce sport nous rendit encore plus complices, si possible, Allen et moi. Nous aimions notre vie à Londres et on ne se voyait pas en changer...

Allen et moi-même avions respectivement sept et dix ans, à présent. Un jour, alors qu’on rentrait tous les deux de l’école accompagnés par notre nounou, notre mère lui donna son congé ce qui était inhabituel. D’habitude, elle restait un moment à la maison pour nous aider avec nos devoirs, pendant que notre mère finissait son travail de professeur en corrigeant des copies ou quelque chose de ce genre. Papa quant à lui rentrait bien plus tard.

Avec Allen, on sut tout de suite que quelque chose se passait et on échangea un regard entendu, nous demandant avec curiosité ce qui était en train de se dérouler. Et alors... On s’attendait à beaucoup de choses, mais certainement pas à ça ! Nos parents organisaient, depuis plusieurs mois déjà, un voyage d’une année au Japon. Afin de nous faire découvrir encore une fois de nouveaux horizons et pour permettre à notre mère d’améliorer encore plus son japonais pour ses cours. Tout était enfin réglé.

Ils n’avaient pas voulu nous en parler avant, de peur de nous décevoir en annulant pour un problème de première minute. Cependant, ils nous laissaient quelques semaines pour nous préparer psychologiquement au changement. Ce n’est pas tous les jours qu’on se rend à l’autre bout du monde pour une durée d’une année, après tout.

Nous étions tous les deux à la fois impatients et un peu inquiets, je suppose. Mais, au final, l’impatience prit le dessus. Nous allions pouvoir découvrir le pays qui nous avait tant fait rêver. Nous faire de nouveaux amis, découvrir tant de nouvelles choses. Et nous reviendrions, après tout, à Londres dans une année...

Partie II

Notre arrivée au Japon arriva quelques semaines plus tard. J’étais, franchement, surpris par tous les changements par rapport à mon pays d’origine. Tout comme Allen. Nos parents s’amusaient de notre étonnement. Alors que je ne pouvais m’empêcher d’écarquiller les yeux, Allen tentait de prendre un air blasé, ne voulant pas qu’on le prenne pour un gamin, même s’il restait encore très jeune à dix ans. Tokyo était une ville très surprenante pour deux garçons anglais comme nous. Pourtant, personnellement, je me sentis tout de suite chez moi dans la capitale nippone. Nos parents avaient acheté une maison traditionnelle de taille raisonnable, mais confortable. Et on s’adapta petit à petit à la vie japonaise, pourtant si différente de la vie anglaise.

Nos parents avaient tous les deux pris un poste de professeur, d’anglais et de mathématiques, dans un lycée qui se nommait Toho. Ils travaillaient durs. Pendant leurs absences, Allen et moi découvrîmes la capitale grâce à la baby-sitter qui nous gardait. Une japonaise qui parlait très bien anglais. Et qui prit plaisir à nous faire découvrir sa ville et même son pays en nous en parlant ou en nous emmenant visiter certains lieux. Bien sûr, elle n’oubliait pas de nous faire faire nos devoirs et de jouer avec nous. De toute façon, on allait à l’école comme tout les enfants japonais et nous n’étions donc pas libres tout le temps. Nos parents prenaient le relais dès qu’ils rentraient en fin d’après-midi et on reprit ainsi vite nos habitudes. Malgré les différences notables dues au changement d’environnement.

En plus de tout cela, nos parents étaient souvent invités à des soirées. Elles étaient organisées par un couple d’amis d’enfance anglais partis à Tokyo quelques années avant nous. Malgré notre jeune âge, notre père nous autorisa à les accompagner une ou deux fois, n’ayant pas l’intention de rentrer tard à chaque fois. Bien sûr, c’était uniquement les week-ends où on n’avait pas cours le lendemain. Habillé de mon costume noir, je n’étais pas très à l’aise, alors qu'Allen semblait parfaitement à son aise.

Bien que des enfants soient également présents, ils ne me donnaient pas envie de les rejoindre, avec leur caractère d’enfant de riche. Gros cliché peut-être, mais franchement les entendre se moquer des invités ou jouer à qui possédait les parents les plus fortunés, ne me donnait pas très envie de me joindre à eux. Je n’étais pas vraiment timide, mais je n’appréciais pas les préjugés, les moqueries et l’arrogance. Surtout qu’ils me regardaient d’un air supérieur et moqueur qui me faisait frémir. A cet âge, je vous assure qu’on peut comprendre beaucoup de choses, contrairement à ce qu’on pourrait croire... Allen, non plus, ne voulait pas aller jouer avec eux et se contentait de les regarder avec un certain mépris, préférant rester avec les adultes.

Un soir, je me trouvais collé aux jambes de ma mère qui discutait joyeusement avec des amies. Elle m’avait incité à plusieurs reprises à aller voir les autres enfants, plus pour mon bien-être que pour être tranquille, mais avait renoncé en me voyant m’entêter. J’étais plutôt indépendant, mais j’aimais être avec mes parents comme tous les enfants de cet âge, surtout quand les autres enfants étaient aussi insupportables. Allen, quant à lui, s’était décidé à parler avec un groupe d’enfants et je ne pouvais qu’admirer son assurance. En digne grand-frère, il avait tenté de m’emmener, mais n’avait pas insisté en comprenant que je souhaitais rester avec notre maman. Cependant, jj’avais remarqué qu’il ne cessait de jeter des regards dans ma direction, protecteur comme à son habitude.

Pourtant, depuis un moment, je fixais une fillette japonaise qui était, elle aussi, dans les jupes de sa mère. Nos regards se croisèrent et elle m’adressa un sourire éblouissant. Elle semblait avoir mon âge ou elle était peut-être un peu plus jeune. Le plus surprenant était ses cheveux d’un rose vif. En tout cas, elle me sembla très gentille et je me surpris à répondre à son sourire timidement. J’avais, peut-être, même le rouge aux joues. Croisant le regard de mon frère, je le vis m’encourager d’un discret signe de tête, un sourire légèrement railleur aux lèvres, ayant sans doute remarqué ma gêne.

Prenant mon courage à deux mains, je lâchais enfin ma mère et m’approchai lentement. Elle m’adressa la parole dans sa langue maternelle, en parlant tellement vite qu’elle me prit au dépourvu. Je fis de mon mieux pour comprendre et répondis dans mon japonais légèrement approximatif. Elle m’adressa un grand sourire et me prit la main, m’entraînant avec elle plus loin. Nous passâmes le reste de la soirée à discuter gaiement et à nous amuser comme n’importe quels enfants de notre âge. Allen suite au départ de ses « amis » nous rejoignit bientôt et je le présentai à ma nouvelle amie. Heureusement, mon frère et notre désormais amie commune s’entendirent bien également. Nos parents respectifs, qui s’étaient aperçus de notre entente, échangèrent quelques mots et, suite à notre insistance, se promirent de faire en sorte qu’on puisse se revoir. En une seule soirée, Satsuki et moi étions devenus incroyablement complices. Allen et elle s’entendaient bien aussi, mais visiblement ce n’était pas pareil.

Comme promis, nous nous revîmes à de nombreuses reprises au cours de cette année. Parfois chez l’une, parfois chez l’autre, parfois dehors, parfois ailleurs, parfois avec mon frère et parfois seuls. Je découvris, avec plaisir et étonnement, qu’elle en savait un peu sur le basket. Elle m’apprit que c’était grâce à son ami d’enfance qui adorait ce sport, mais je ne le rencontrai pas moi-même, malgré toutes les fois où on en parla. Ce n’était pas plus mal, après tout je gardai Satsuki pour moi tout seul comme ça... Enfin, oubliez ce que je viens de dire, je vous prie. Ce n’était qu’une pensée du gamin immature que j’étais à cette époque. Et enlève ce sourire moqueur de ton visage, Allen !

En tout cas, elle semblait adorer me regarder jouer et refusai le plus souvent de participer. Se contentant de m’observer en dehors du terrain. Parfois, Allen nous rejoignait et elle observait alors nos un contre un, m’encourageant, malgré mon infériorité parfaitement visible. On faisait tout ensemble. A deux ou à trois, suivant l’humeur d’Allen. On riait, on s’amusait, on plaisantait, on mangeait et on dormait parfois même chez l’autre. Franchement, j’avais beau parfois penser à Londres et au passé, je ne m’ennuyais pas du tout. Entre l’école, les devoirs, les moments avec ma nouvelle amie, ma famille et mes autres amis, je n’avais franchement pas le temps de regretter mon ancienne vie.

Mais, hélas, cela ne devait pas durer éternellement. Une année peut passer incroyablement vite quand on s’amuse et qu’on est trop occupés pour voir le temps passer. Je m’étais habitué à Tokyo, au japonais, aux sushis, aux karaokés, aux cerisiers et à toutes ces choses qui se différenciaient tant de mon pays natal. C’était devenu ma vie et je n’avais pas envie de rentrer à Londres. Pas du tout, même. Quitter tout ce qui m’était devenu cher pendant ces douze mois serait insupportable. Aussi bien les villes que les choses et, surtout, les gens. Mais, hélas... Mes parents nous annoncèrent à Allen et moi, la veille de mon anniversaire des huit ans, qu’on retournerait en Angleterre dans trois jours. Le temps de fêter mon anniversaire au Japon pour faire nos adieux et de finir de préparer le voyage.

Sous le choc, je ne répondis pas. La bouche ouverte, mais aucun son n’en sortant. Ce n’était pas possible... Comment j’allais pouvoir lui dire que je devais partir ?! Je ne voulais pas lui briser le cœur ! J’aurais dû remarquer les changements dans le comportement de mes parents. Le stress qui avait envahi la maison. Les affaires que ma mère triaient ou rangeaient. Les coups de téléphones, les absences plus régulières. Et pourtant... Je n’avais rien vu venir. Trop occupé à m’amuser et à vivre joyeusement. Allen avait sans doute remarqué les changements. Il était bien plus attentif et sérieux que moi, après tout. D’ailleurs, il me regarda avec tristesse, n’appréciant pas de me voir aussi chagriné.

Je n’eus pas le cœur de prévenir Satsuki tout de suite. Je ne voulais pas gâcher sa joie de fêter mon anniversaire tous les deux. C’était lâche, mais je ne voulais pas qu’elle se fâche contre moi. Je ne voulais pas la décevoir. Je voulais retarder le plus possible l’échéance... Mais il me fallut bien, à un moment, lui révéler mon secret. J’attendis le lendemain de mes huit ans. La veille de mon départ. Comme prévu, elle s’effondra dans mes bras. J’étais en colère contre mes parents. Je les détestais. Comment pouvaient-ils nous faire ça ?! Certes, je savais depuis notre départ d’Angleterre qu’on ne partait que pour une année, mais la douleur me faisait penser des choses terribles. Je ne pus rien faire d’autre que de la serrer contre moi en retenant mes larmes, vu qu’elle pleurait déjà pour deux, et d’essayer de la consoler. Mais, c’était peine perdue. Je souffrais tout autant qu’elle. Allen qui m’avait suivi discrètement, se doutant que j’aurais besoin de lui, l’instinct du grand-frère je suppose, nous prit tous les deux dans ses bras, nous rassurant, nous consolant et nous assurant qu’on se reverrait un jour. Pourtant, les larmes ne voulurent pas cesser de couler...

Du hublot de l’avion, je fixais l’aéroport d’un air bien trop inexpressif pour mon âge. A mes côtés, mon frère me regarda avec tristesse et passa un bras autour de mes épaules, avant de tenter de me changer les idées. Je détournai mon attention avec amertume et essayai de l’écouter. Je ne voulais plus penser à ma souffrance. Notre mère nous rejoignis bientôt et tenta, elle aussi, de nous distraire. Car, malgré les apparences, Allen souffrait presque autant que moi. Il s’efforçait juste de ne pas le montrer, ce qui était impossible pour moi. Ce serait tellement dur de revenir à notre vie d’avant... Pourtant, il le faudrait bien... Je ne pouvais rester concentré sur son visage en pleurs éternellement, après tout. Il fallait que je continue d’avancer. Un pas après l’autre, en direction du futur, sans me retourner vers le passé. Alors... Au revoir Japon et... au revoir Satsuki.

SUITE DESSOUS




TEST RP


Cela faisait quelques jours que j’avais intégré le lycée Toho. Mon retour au Japon s’était bien passé. Ma famille et moi avions emménagé dans la même maison que nous avions laissé derrière nous. Neuf ans plus tôt. Je n’avais jamais oublié cette année de ma vie. Un nouveau pays, un nouvel univers, tant de choses à découvrir....

Pendant ce séjour d’une année à Tokyo, j’avais rencontré cette petite fille. Aux cheveux d’une couleur inoubliable. Je n’avais jamais oublié Satsuki. C’était impossible. Nous avions partagé trop de choses, nous nous étions bien trop amusés, pour pouvoir nous oublier. Du moins, de mon côté, sa joie de vivre et son sourire étaient ancrés à vie dans mon esprit.

Et c’était, sans doute, ce qui m’avait permis de tenir pendant tout ce temps... Son souvenir et celui de l’homme que j’avais aimé. C’était ce qui m’avait empêché de mourir ou de devenir fou. Comme si, je les avais entendu me dire de ne pas abandonner, de ne pas renoncer à ma vie. Que l’espoir existait toujours, envers et contre tout. Et, encore aujourd’hui, c’était leurs sourires qui me donnaient de la force. Celui de Satsuki et celui de Elliot. Dire que je ne me pensais pas aussi romantique... On ne se connaît jamais réellement finalement.

Assis à mon bureau, je regardais par la fenêtre d’un air pensif. Je me demandais ce qu’elle était devenue. Vu notre différence d’âge d’une année, elle devait avoir seize ans aujourd’hui. Elle était donc en première année de lycée alors que je me trouvais en deuxième année. Je me demandai bien dans quel lycée elle se trouvait... Vivait-elle toujours à Tokyo ? Ou même au Japon ? Je n’en savais rien. J’espérais juste la revoir, un jour ou l’autre. Même si je n’étais plus le même, elle restait toujours une amie chère. Et je savais qu’elle m’accepterait, même si j’avais changé.

Etant donné que la pause de midi n’était pas encore finie, je décidai de faire un tour. Je me levai donc. Je refusai poliment, mais sèchement, l’aide de la déléguée de classe qui me dévorait du regard. Elle comprendrait bientôt que je n’étais pas le genre de garçon à sortir avec la première venue. J’acceptais tant bien que mal ma popularité, en Angleterre comme ici, mais je n’en étais pas fan pour autant. Bien loin de là. Disons juste que je ne voulais pas perdre mon temps à essayer de changer les gens.

Les mains dans les poches, je sortis enfin dans la cour et m’arrêtai en plein milieu. Mon regard balaya l’horizon, se familiarisant avec mon nouvel univers écolier. Je n’avais pas encore pu tout découvrir. Le lycée était trop grand pour le faire en si peu de temps. Mes yeux s’arrêtèrent, malgré moi, sur un bâtiment à l’apparence malheureusement familière. Le gymnase.

Ce genre de bâtiment était très facilement reconnaissable, car malgré les différences qu’il pouvait y avoir d’un lycée à l’autre, ils étaient relativement similaires. Et celui de Toho ne faisait pas exception à la règle. D’ailleurs, d’après mon frère, qui n’avait pas pu s’empêcher de me le dire, mon nouveau lycée possédait une équipe de basket des plus puissantes.

En effet, le club s’était hissé à la deuxième place de l’inter-High. Un exploit très impressionnant qui attirait beaucoup de volontaires du lycée et même d’ailleurs. Qu’ils connaissent tout du basket ou non. Pourtant, avec un niveau aussi élevé, se faire accepter comme membre devait être très dur. Sans parler de devenir titulaire. Les imbéciles naïfs.

En tout cas, ce n’était pas pour moi. Ou plutôt ce n’était plus pour moi. Intégrer une équipe aussi sérieuse concernant la compétition était hors de question. Je ne pouvais pas. Je ne voulais pas. Des sueurs froides traversèrent mon échine, me transperçant tout entier. Mes mains dans mes poches se contractèrent douloureusement. Je n’étais pas prêt. Vraiment pas prêt. Mon esprit n’avait pas encore cicatrisé. Mon cœur encore moins. Je revoyais son visage, son sourire... La compétition l’avait tué je ne ferais pas la même erreur. Je savais qu’il n’approuverait pas ce choix, s’il était là, mais je m’en fichais. Je ne pouvais pas... Tout simplement. Et ce malgré ce que prétendaient mes parents et mon frère.

Pourtant, malgré tous mes efforts, je n’arrivais pas à détester le basketball. C’était impossible. Ce sport était ancré en moi, faisait parti de moi. Il était mon oxygène et, au fond de moi, il était impossible que je le haïsse. Même si j’essayais parfois de toute mon âme. Après tout, ce sport m’avait pris ce que j’avais de plus cher. Mais je ne pouvais pas détester ce sport qu’il avait tant aimé. Et que mon frère continuait à adorer malgré la perte qu’il avait subi. Tout aussi horrible que la mienne. J’aimais le basket autant qu’eux et je ne le supportais pas.

Je pris une profonde inspiration. Et, maudissant ma curiosité maladive et mon corps qui se souvenait, je me dirigeais cependant vers le gymnase. La main posée sur le cadre de la porte, ou plutôt serrée à m’en faire blanchir les phalanges, j’observai les joueurs qui s’entraînaient durs. Je ne resterais pas bien longtemps, mais malgré moi, contre le rationnel, j’avais besoin de voir cette scène.

Celui qui semblait être le capitaine donnait des ordres avec un fin sourire aux lèvres et un regard calculateur à moitié dissimulé. Un grand blond dunka avec force dans un panier en beuglant, me faisant grimacer. Un grand brun tentait de rassurer un plus petit qui n’arrêtait pas de s’excuser. Les autres joueurs s’entraînaient durs, avec sérieux.

Un frisson me traversa tout entier. Mais, cette fois, je ne voulais pas admettre qu’il s’agissait d’excitation. Quelque chose semblait se réveiller en moi à cette simple vue. Mais je ne savais pas encore quoi. Mon corps semblait se souvenir de cette ambiance. De ces sensations que procuraient l’adrénaline, la confiance en soi et la détermination à aller toujours plus haut. A gagner. Et quelque chose, mon instinct ou ce que vous voulez, me disait que ce club voulait justement aller au sommet du monde. Ambitieux et sûr de sa force, il l’était forcément.

Mais je balayais ces constatations de mon esprit. C’était ridicule. Cela faisait quoi, cinq minutes que je les observais ? Je ne pouvais pas deviner tout ça en un délai aussi court. Le fait qu’ils soient arrivés deuxièmes à l’Inter-High ne voulait rien dire. Je ne pouvais pas juger de leur niveau aussi facilement. C’était absolument ridicule. Je n’avais rien à faire ici.

Alors que je me détournai, voulant enfin m’éloigner de cet univers qui n’était plus le mien, je m’arrêtai net. Une jeune fille aux cheveux d’un rose vif me regardait avec curiosité, serrant contre elle un grand cahier. Un doux sourire aux lèvres, elle me fixait gentiment, mais avec insistance, comme si elle se demandait ce que je faisais ici.

Après tout, je ne faisais pas parti du club, c’était donc compréhensif. Je ne voulais pas qu’elle croit que je voulais le rejoindre. Aussi, je me contentai d’un simple signe de tête, avant de faire quelques pas en avant. Histoire de disparaître une bonne fois pour toute de cet endroit. Mais une voix m’arrêta net. Je la reconnus aussitôt malgré les années. C’était sa voix.

- Excuse-moi, mais si tu veux rejoindre le club de basket je peux t’aider. J’en suis la manager. Je ne t’ai jamais vu au lycée tu es nouveau ? Ah pardon si je suis indiscrète je suis un peu trop curieuse parfois. Je m’appelle Momoi Satsuki enchantée.

Encore sous le choc, je la fixai sans pouvoir répondre. Au point où elle cligna bientôt des yeux, me regardant avec curiosité et prenant la parole d’une voix douce.

- Est-ce que ça va ?

Bien sûr. Elle ne me reconnaissait pas. Normal, j’avais beaucoup changé. Le petit garçon toujours souriant et plein d’énergie avait laissé sa place à un jeune homme brisé à l’intérieur. Et au sang-froid et au calme inexpressifs à l’extérieur. Je me repris cependant et articulai tant bien que mal.

- Je vais bien. Je ne sais pas si tu te souviens de moi Satsuki, mais...

Elle me regarda avec étonnement avant de plisser légèrement les yeux comme pour mieux me reconnaître. Puis elle recula et posa une main sur sa bouche, en état de choc visiblement.

- Noa-kun ? C’est toi ?!

Soupirant, je passai une main dans mes cheveux en détournant la tête. Je n’étais pas très à l’aise avec ce genre de situations. Surtout que je sentais venir les paroles sur mon intégration dans le club de basket... Vu que s’il ne s’était rien passé depuis notre séparation, cela aurait été une évidence. Et Satsuki n’était, bien sûr, pas au courant de tout ce qui m’était arrivé. C’était d’ailleurs une très bonne chose... Je ne voulais pas qu’elle sache. Qu’elle connaisse cette part de moi. Elle était trop gentille pour que je la salisse avec mes malheurs. Je plongeai pourtant mon regard dans le sien, et après ce qui sembla être une éternité, je soufflai.

- Oui c’est moi. Content de te revoir Satsuki.

Le Destin est une bien curieuse chose. Jamais je n’aurais imaginé me retrouver dans le même lycée qu’elle. Mais je n’en étais pas malheureux. Au contraire. Une petite flamme, qui s’était éteinte depuis bien longtemps, se ralluma brièvement en moi... Peut-être que l’espoir n’avait pas complètement disparu. Ou peut-être que je me berçais d’illusions.

Je m’approchai d’elle et posai une main sur sa tête. Tout en baissant mon regard couleur encre sur celle qui était ma meilleure amie. Nous avions tant de choses à nous dire, tant de choses à nous révéler, mais aussi à cacher. Une nouvelle page se tournait pour moi. Et peut-être aussi pour elle. Qui sait ?

- Cela fait neuf ans.... Je ne pensais pas te retrouver aussi facilement. Et encore moins te voir en tant que manager du club de basket... On a beaucoup de choses à se dire... Je suppose.

Je lui assénai une pichenette sur le front tout en esquissant un sourire légèrement railleur. Avant de tourner les talons, la laissant me rattraper en protestant. Je ne voulais pas qu’elle m’entraîne à l’intérieur de son univers. Ce n’était plus le mien. Je ne voulais pas qu’elle comprenne ma souffrance. Alors je faisais semblant. Comme bien souvent. Elle allait vite se rendre compte à quel point les choses avaient changé. Ce monde avait-il encore seulement un sens ? Quelqu’un allait-il arriver à en donner un à ma vie ?



CAPACITE DU JOUEUR


Je ne vois pas vraiment à quoi vous serviront ces informations. Après tout je n’ai pas l’intention de remettre un pied sur un véritable terrain de basket un jour. Mais, soit, parlons de mes capacités, puisque vous insistez. Je joue au poste d’arrière pour commencer. Comme vous le savez probablement, je suis principalement censé, une fois sur le terrain, marquer des tirs depuis l’extérieur. Les fameux trois points. Nous allons donc commencer par les tirs, cela me semble logique.

Hum. J'ai l’impression que j’ai perdu votre intérêt depuis que j’ai indiqué à quel poste je jouais. Vous êtes donc de ceux qui pensent que les arrières sont moins importants ou intéressants que les meneurs, les ailiers forts et les pivots ? Pathétique.

Les noms de Midorima Shintarou, Mibuchi Reo, Hyuga Junpei et Himuro Tatsuya ne vous disent vraiment rien ? Et bien vous voyez, quand vous voulez, vous pouvez reconnaître notre valeur. Franchement ne me faites pas perdre mon temps pour des âneries pareilles. Je vous conseille vivement d’attendre la suite avant de me juger. Vous pourrez décider à la fin de cette lecture si je suis digne de jouer au basket ou non, pas avant.

Je suis donc capable de faire des tirs aussi bien intérieurs qu’extérieurs. Ma précision est assez bonne sans être extraordinaire. Disons juste qu’elle se situe un peu au dessus de la moyenne. Sans atteindre celle des shooting guards cités plus haut. J’ai une distance limite et si je franchis cette dernière, je ne marquerai aucun panier. Je dois donc sans cesse veiller à être au bon endroit pour mes tirs, si je ne veux pas que ma précision chute drastiquement, jusqu’à atteindre le raté total. En fait, plus je m’éloigne de la ligne des trois points pour me rapprocher de cette ligne invisible, plus ma précision chutera. Malgré tous mes efforts, je ne crois pas que j’arriverais à l’éloigner un jour ou l’autre. Après tout, comme je l’ai dit, je ne suis pas Midorima Shintarou...

En dehors des tirs, je suis aussi capable de dunker. Surprenant pour un arrière ? Probablement... Mais, cela n’a pas beaucoup d’importance car je le fais très rarement. La force brute pendant les matchs, ce n’est pas pour moi. Je le fais uniquement quand c’est nécessaire. Quand je ne peux pas tirer, mais que j’ai quand même une occasion de marquer et que je ne veux pas la rater, par exemple.

Je n’aime pas ça, mais je ne ferai pas perdre mon équipe juste pour une raison aussi futile. On raconte que mes dunks ne sont pas particulièrement très puissants, mais d’une grande élégance pour ce genre de panier. Quant aux dribbles, ma foi, je ne me débrouille pas trop mal. Je suis assez bon pour passer et feinter mes adversaires, probablement grâce à mon agilité et à mon côté un peu rusé.

J’ai également un très bon sens de l’observation depuis mon enfance, grâce notamment à ma passion de la photographie. Je l’utilise beaucoup en match afin d’analyser la situation et pouvoir prendre des initiatives. Cela m’a évité plus d’une fois de perdre le ballon et permis de marquer plus d’un panier.

Ma principale faiblesse réside dans le fait que je supporte mal la pression. Plus un match avance et moins je deviens efficace. Car c’est bien connu la détermination des adversaires augmente avec le temps. Plus mon adversaire devient déterminé à m’arrêter, à me barrer la route ou à me prendre la balle et plus je perdrais mes moyens. J’ai des petits trucs pour tenter de garder mon sang-froid et pour ne pas commettre des erreurs stupides, mais ils ne sont pas infaillibles. Par exemple je fais en sorte de me concentrer sur ma respiration ou sur le ballon pour oublier l’adversaire et son aura menaçante. Mais, suivant l’adversaire, c’est plus ou moins efficace. Si j’affrontais la Génération des Miracles, nul doute que je paniquerais complètement...

Je ne suis pas trouillard pourtant et je n’avais pas ce problème par le passé. C’est sans doute psychologique et lié à mon passé... Peut-être qu’il disparaîtra un jour, ça m’arrangerait bien car cela m’handicape vraiment pendant les matchs. Une autre manière de le décrire serait probablement de comparer ce problème à une crise de panique. Mais, heureusement, c’est quelque chose qu’on peut apprendre à contrôler je pense. Et comme je vous l’ai dit, cela ne se déclenche pas en début de match, ni contre n’importe quel adversaire. Mais, hélas, de nos jours, les n’importe quels adversaires, entre guillemets, se font rares...

Je ne suis pas très bon en défense, à cause de cette incapacité à gérer la pression, mais je peux néanmoins bloquer mes adversaires. En début de match ou quand ils ont un niveau moyen. Néanmoins, c’est loin d’être ma spécialité. Même chose pour les passes, je n’ai pas la précision nécessaire pour en effectuer de parfaites. Il m’arrive, cependant, d’en faire de temps en temps quand même si je suis bien coordonné avec mes coéquipiers. J’ai tendance à rater dans l’urgence, par contre. Encore et toujours, une question de pression...

Par contre, mes adversaires remarquent rarement que je perds mon sang-froid. Ou, du moins, ça ne se lit pas sur mon visage. Ce qui me permet, parfois, de rattraper mes erreurs. Savoir gérer ses émotions est vraiment pratique dans toutes situations. Une chose positive, au moins, que m’aura apporté mes souffrances passées.

Le travail d’équipe est quelque chose de très important pour moi. Mais, je suis aussi très fier donc cela ne me dérange pas de me débrouiller tout seul. Après tout, le plus important est de gagner, bien que je ne pourrais pas jouer exclusivement solo. Disons qu’un compromis entre les deux me convient parfaitement.

Pour finir, en dehors du terrain, je suis doué en photographie et pour jouer du piano, car je les pratique tous les deux depuis plus mon jeune âge. Je suis aussi plutôt bon cuisinier, même si je ne cuisine pas souvent. Cela changera peut-être après avoir rejoint un certain club qui sait... Je sais également plutôt bien me renseigner sur ce que je veux. Notamment grâce à la Toile et mon sens de l’observation peut servir dans beaucoup de situations. J’aime également prendre des initiatives. A vous de voir si ces dernières informations peuvent vous être utiles ou pas...





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MessageSujet: Re: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   06.05.15 18:18

HISTOIRE


Partie III

La vie à Londres recommença, après s’être interrompue le temps d’une année. Nous retrouvâmes notre environnement anglais, notre maison, notre famille. Nos parents retrouvèrent leur travail, leurs élèves, leurs collègues et leurs cours, qui d’ailleurs, pour maman, s’améliorèrent grâce à ses nouvelles connaissances et ses progrès. Les cours reprirent également pour Allen et moi, dans nos nouvelles classes respectives. On retrouva également nos amis qui nous pressaient de nous raconter ce long voyage. La routine s’installa gentiment, petit à petit, à nouveau. Allen retourna dans son club de basket et révéla rapidement les progrès qu’il avait fait à son coach et ses amis.

Quant à moi et bien... Je n’arrivais pas à sourire. J’avais l’impression de ne pas être à ma place. Quelque chose s’était ouvert en moi, le jour où j’avais posé le pied sur le sol japonais. Je ne savais pas comment, ni pourquoi, mais je sentais que ma place était là-bas. Cela me rappelait un conte japonais que notre mère nous racontait souvent. Un conte qui disait que chaque être sur Terre avait une place dans ce monde, une place bien définie. Cet endroit n’était pas forcément là où on naissait. Et il pouvait s’écouler des années, voir toute une vie, avant de le découvrir. Mais, une fois qu’on y était, on savait instantanément que c’était notre foyer. Bien sûr ce n’était qu’une histoire, mais elle me faisait du sens. Je n’avais qu’une envie. De retourner auprès de Satsuki, de retourner au Japon. La culture occidentale ne me convenait plus. Mais, hélas, je n’étais qu’un petit garçon et je devais faire ce que mes parents voulaient que je fasse... Je n’avais pas d’autre choix que de vivre à Londres pour l’instant.

Cependant, je n’arrivais pas à sourire, à rire, je ne parlais pas beaucoup, je picorais mes assiettes... Mes parents et Allen qui s’inquiétaient pour moi, me sentant presque dépressif et, craignant que mon état s’aggrave, cherchèrent une solution. Mon père voulait m’emmener chez un pédopsychiatre, mais ma mère était contre. Ils se disputaient parfois, sous le regard inquiet d’Allen. Au final, ce fut ce dernier qui trouva la solution au problème. Agacé de voir ses parents ne rien faire de concret pour aider son frère, il leur proposa de l’inscrire dans son club de basket. Espérant ainsi me changer les idées et donc me faire retrouver mon sourire, ma joie. Mes parents, qui n’avaient pas d’autre solution en tête, décidèrent de tenter le coup et contactèrent le coach en charge d’Allen.

Ainsi, un samedi matin, je suivis mon frère à son entraînement. Marchant doucement derrière lui, je regardai autour de moi, avec un regard presque vide de tout intérêt. Parfois, Allen se retournait pour m’observer avec inquiétude, s’assurant que je le suivais bel et bien. D’un accord commun, nos parents, le coach, et le directeur du club avaient décidé de me mettre dans l’équipe d’Allen afin d’éviter la séparation. Me priver de tout repère familier n’était pas recommandé. Et j’étais assez bon basketteur pour pouvoir suivre la cadence qui ralentirait néanmoins un peu, pour me faciliter la tâche. Les camarades de mon grand-frère avaient été mis au courant de mon état d’esprit particulier et étaient, d’après Allen, tous prêts à m’aider.

Alors que nous marchions, une voix joyeuse retentit soudain derrière nous. J’eus juste le temps de voir une silhouette courir à côté de moi, avant de la voir sauter sur mon frère. Afin de lui plaquer de la neige dans les cheveux. Allen poussa un cri et jura avant d’éclater de rire, en cœur avec le nouvel arrivant. Je les fixais avec scepticisme, m’arrêtant aussi. J’en profitai pour observer le chahuteur. Des cheveux orange courts en bataille, un sourire éclatant, des yeux émeraude pétillants de malice. Une fille l’aurait sans aucun doute trouvé mignon. Il se retourna vers moi et me dévisagea à son tour avec curiosité, m’adressant cependant un clin d’œil complice, qui, sans savoir pourquoi, m’agaça. Je me détournai et repris mon chemin, suivi du regard par Allen et cet inconnu.

Mon frère soupira, et après s’être excusé auprès de son meilleur ami, me rattrapa, ne voulant pas me laisser seul. Il m’expliqua alors qu’il s’agissait d’Elliot, son meilleur ami au club et également du capitaine. Cela m’étonna, car avant notre départ au Japon, c’était mon frère qui avait cette place. Allen m’expliqua alors que c’était normal que le poste soit revenu à quelqu’un d’autre. Il avait laissé tomber le club une année, après tout et Elliot était parfait pour ce rôle, d’après lui. Son poste de vice-capitaine lui convenait parfaitement. J’étais un peu sceptique que ce chahuteur puisse faire un bon capitaine. J’exposai mes doutes et mon frère éclata de rire, m’assurant que je comprendrais vite pourquoi il estimait tant Elliot. Nous arrivâmes alors au club et mon frère me présenta au coach et à mes nouveaux camarades qui m’accueillirent chaleureusement. Elliot nous rejoignit également et je ne pus m’empêcher de le suivre du regard. Il s’en rendit compte, me sourit, avant de pouffer en me voyant me détourner une nouvelle fois. Rapidement, cependant, son visage devint étonnamment sérieux. Tapant dans ses mains, il donna quelques consignes d’une voix haute et ferme, quoique des plus amicales. Surpris de son sérieux, je ne pus que le fixer à nouveau sans arriver à m’en détacher. Allen arriva alors et me tapa gentiment derrière la tête en disant qu’il ne fallait pas juger les gens sur des apparences. Elliot était le plus âgé, et peut-être le moins sérieux du club, mais quand il le fallait c’était également le plus responsable. En cela il était le meilleur capitaine possible. Je ne répondis pas, me contentant d’observer en silence Elliot. Je ne savais pas encore pourquoi, mais quelque chose m’intriguait fortement en lui, m’attirant inexorablement comme une force invisible...

La vie au club commença alors pour moi. Même si j’étais habitué à jouer uniquement avec Allen et notre père, je retrouvai vite mes habitudes de jeu. Après tout, dès que j’avais un ballon de basket dans les mains, j’étais au paradis. Mes nouveaux coéquipiers s’amusaient de me voir aussi heureux. J’en entendis même certains me comparer à mon frère. Allen et moi avions le même grand sourire, la même joie dans les yeux, quand on dribblait. Et c’était pareil pour un autre membre du club, aussi passionné que nous... Je vous laisse deviner de qui il s’agit. Et oui, de notre capitaine et meilleur ami d’Allen, j’ai nommé Elliot. D’ailleurs, quand les deux jouaient en équipe et s’entraidaient, personne ne les arrêtait, d’après ce que me dit un jour notre sympathique et mignonne manager. Je connaissais la force de mon frère et je refusais de croire que quelqu’un était aussi fort que lui. Je refusai d’admettre la valeur du capitaine, pour une raison inconnue. Probablement parce qu’au fond j’avais l’impression en voyant Allen rire et sourire à ses côtés qu’il me volait mon grand-frère. C’était une pensée stupide, mais vu que j’avais déjà perdu ma meilleure amie, je ne voulais pas perdre celui qui me soutenait jour après jour. Je ne pouvais, cependant, pas savoir que le destin allait me jouer un mauvais tour, à la fois ironique et des plus cruels...

Le temps passa. Des jours, puis des semaines, des mois et même des années s’écoulèrent. La routine s’était installé au club, plusieurs fois par semaine. Je traînais souvent avec mon frère. Notamment pour l’empêcher d’être seul avec le capitaine qui était bien gentil de me supporter, d’ailleurs. Cela ne m’empêchait pas, cependant, de fréquenter les autres membres du club, à commencer par la manager, Elena, avec qui je m’entendais très bien. Mon niveau avait également bien augmenté. D’après mon coach, j’étais aussi prometteur qu’Allen à mon âge. Cela me fit incroyablement plaisir car j’estimais mon frère plus que n’importe qui. Je savais, cependant, que je n’arriverais jamais réellement à son niveau, mais cela ne me dérangeait pas plus que ça. Si j’étais du même niveau que lui, je n’aurais plus aucune raison de l’admirer... Et je ne voulais pas changer d’idole. A aucun prix.

Bien que je n’aimais pas l’admettre, petit à petit, je me rapprochais également d’Elliot. Il m’agaçait de moins en moins et je me surprenais parfois à sourire en coin devant ses blagues. Alors que quelques temps plus tôt, je ne les trouvais pas du tout drôle. Je supportais également, plus facilement, de le voir traîner avec mon frère et je n’aimais pas les rumeurs qui commençaient à circuler à leur sujet. Je ne savais pas si elles étaient fondées ou non, mais je ne supportais pas qu’on leur casse du sucre sur le dos, sans savoir la vérité. Néanmoins, je ne comprenais pas le petit pincement que je ressentais quand je voyais Elliot collé à mon frère...

Un jour, alors que je m’entraînais avec un coéquipier pour améliorer mon dribble, j’aperçus Elliot s’effondrer littéralement sur le parquet. Je m’arrêtai net, avant de me précipiter vers lui, imité par Allen qui se trouvait non loin de là. Il se releva aussitôt en souriant et nous assura que ce n’était rien. Il m’ébouriffa les cheveux au passage, geste qui m’aurait sans doute agacé, si je n’étais pas aussi inquiet. Allen le regarda droit dans les yeux et lui demanda si tout allait vraiment bien, lui bloquant même le passage. Je ne comprenais pas l’insistance de mon frère. Elliot ne semblait pas blessé et avait juste sans doute trébuché. S’il avait eu quelque chose de grave, on l’aurait vu, non ? Elliot qui ne s’énervait jamais, même pour arrêter des disputes, ou dans les moments où il devait être ferme, cria presque, en demandant à mon frère de le laisser tranquille. Plus que perplexe, je le regardai s’éloigner, ne comprenant pas son changement d’humeur. Mon frère soupira, passa une main dans ses cheveux bruns, puis sembla se battre avec lui-même pour prendre une décision. Il finit par suivre son ami, après m’avoir demandé de prévenir le coach quand il reviendrait. Je ne comprenais toujours pas, mais j’obtempérai. Sans savoir que ce que j’allais apprendre allait être un véritable choc...

Quand le coach revint, je lui annonçai l’incident et je le vis pâlir. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre les vestiaires, je lui demandai, presque en suppliant, de m’expliquer ce qui se passait. Je voulais savoir, je voulais comprendre. Il hésita, sans doute parce qu’il n’était pas sûr que cela me regarde, mais finit par m’avouer la vérité. Sous le choc, je restai pétrifié. Elliot avait un problème cardiaque... Une grave maladie incurable qui pouvait le tuer s’il en faisait trop. Il n’aurait même pas dû être dans le club, mais, visiblement, il avait convaincu ses parents que cela le tuerait encore plus vite de se priver de sa passion. Fermant les yeux, tremblant, je restai immobile en comprenant enfin ce que j’avais voulu ignorer tout ce temps. Je ne voulais pas le perdre. Je ne pouvais pas le perdre. Car... je l’aimais. J’étais tombé amoureux de mon capitaine. J’ignorais depuis quand, mais cela n’avait aucune importance. Je ne voulais pas me poser de questions, cela n’aurait servi à rien. Mes sentiments étaient bien là. Je tournai les talons, me précipitant dans les vestiaires et ignorant l’appel de mon coach.

J’arrivai, essoufflé, aux vestiaires du club. Je pris quelques secondes pour reprendre mon souffle, me rendant compte à quel point j’avais couru vite. Je m’inquiétais donc tant pour Elliot ? Quelle ironie. Dire que quelques mois plus tôt, je ne pouvais pas le supporter... Mais ma mère avait l’habitude de dire que l’amour était inexplicable. Visiblement, elle avait raison. Alors que je laissai échapper un rire nerveux, j’entendis soudain une voix familière. Je me trouvais juste avant la porte ouverte des vestiaires et je ne pouvais donc pas voir mon frère, ni celui que j’aimais. Mais ils ne pouvaient pas me voir, non plus. Ce n’était pas mon genre de les espionner, aussi avançais-je d’un pas pour me montrer et m’annoncer. Mais les paroles que j’entendis me clouèrent sur place, aussi sûrement qu’une flèche.

- Je t’aime, imbécile ! Voilà pourquoi, je suis toujours sur ton dos !

A votre avis, qu’est-ce que je ressentis en cet instant, en entendant mon frère se déclarer le premier ? Bien sûr que cela faisait mal. Mais je n’avais aucune chance face à Allen. Aussi bien au basket que dans la vie. Je me détournai, sans me montrer finalement, pour rejoindre le gymnase. Mon expression était cachée par l’ombre du couloir non éclairé. Je n’avais pas besoin de le voir pour savoir qu’ils étaient en train de s’embrasser. Hors, je n’avais aucune envie de voir cette scène. Je n’allais rien leur dire. Je n’avais pas le droit de les priver de leur bonheur. Je me contenterai d’aimer Elliot en silence et de loin. De toute façon, ce ne serait jamais réciproque, n’est-ce pas ? Qui me préférerait quand mon frère était disponible ? Alors, autant ne pas faire de caprice. Ce n’était, après tout, pas la première fois que je devais quitter quelqu’un que j’appréciais... J’étais assez fort pour le supporter une deuxième fois. Surtout qu’au contraire de Satsuki, je pourrais toujours voir Elliot, c’était le plus important. Aller de l’avant, tel était ma devise, depuis toujours.

Partie IV

Le jour où j’avais surpris mon frère en train de se déclarer, de façon passionnée, était bien loin, désormais. Après cela, je n’avais pas été surpris de les voir annoncer à certains de leurs proches leur relation intime. J’étais resté en retrait quand Allen et Elliot avaient déclarés à mes parents qu’ils s’aimaient, un soir où le rouquin était venu manger à la maison. Mes parents étaient assez tolérants pour ne pas s’offusquer d’une relation homosexuelle. Et c’était également le cas de ceux d’Elliot. Le plus important pour eux, c’était le bonheur de leurs enfants. Bien sûr, c’était aussi mon cas. Je voulais qu’ils soient heureux et ce même si cela me faisait souffrir. Je m’étais forcé à sourire et je leur avais souhaité d’être heureux, alors que mon cœur se brisait. J’étais resté de marbre quand Elliot m’avait remercié, en me décoiffant, comme à son habitude. Alors que cela me faisait souffrir plus qu’autre chose, désormais. Je ne cessais de me répéter que je n’avais pas le droit de gâcher leur bonheur. Mais, au regard d’Allen, ce soir-là, je crois qu’il comprit quelque chose. Nous avions toujours été incroyablement complices comme frères et il lisait en moi comme un livre ouvert. Néanmoins, il ne dit rien et nous continuâmes à faire comme si de rien n’était.

Parfois, Allen accompagnait Elliot à l’hôpital pour ses examens. Quand ils quittaient le club pour y aller, je ne pouvais m’empêcher de les suivre du regard, en espérant que tout se passe bien. J’avais toujours incroyablement peur qu’il lui arrive quelque chose. Et alors je me sentais égoïste car cela devait être deux fois pire pour Allen. Souvent, il rentrait tard, après avoir raccompagné Elliot chez lui. Je veillais alors à attendre son retour. A chaque fois qu’il me découvrait au pied de la porte de ma chambre, le visage de mon grand-frère était surpris, mais je décelais une lueur de reconnaissance dans son regard. Cela ne l’empêchait, cependant, pas de m’envoyer au lit, en me grondant au passage. Ah, les grands-frères... Au club, nous étions toujours deux à garder un œil sur Elliot qui faisait souvent mine de nous gronder. Sa réplique préférée était qu’il était le capitaine et que c’était au capitaine de surveiller ses joueurs et non pas l’inverse. Allen et moi répliquions toujours, l’un après l’autre ou en même temps. Et Elliot s’avouait toujours vaincu face aux frères Walker. Il s’en amusait beaucoup, d’ailleurs. Notre routine nous convenait et était agréable, malgré mes sentiments refoulés. Voir Allen et Elliot sourire et rire me suffisait. Ils étaient vivants, après tout. Hélas, je ne pouvais imaginer ce qui allait arriver, quelques temps plus tard... Après tout, personne ne voulait penser à cette éventualité.

Je n’oublierais jamais ce jour. D’ailleurs, très souvent, il tourne en boucle dans ma tête. Ce jour où tout s’est terminé. Ce jour où Allen et moi allions perdre bien plus qu’un ami... Nous nous étions qualifiés pour la finale d’un championnat important. C’était une première et inutile de dire que la joie et l’excitation régnaient au sein du club. Dans les vestiaires, je ne pouvais m’empêcher de sourire également. Avec sincérité, ce qui changeait de d’habitude. Je faisais parti des titulaires qui commençaient et j’en étais ravi, et fier. Me battre aux côtés d’Allen et d’Elliot était un grand honneur. J’étais le plus jeune de l’équipe, mais on me faisait confiance, autant qu’à nos deux as. Ce qui me comblait de joie. Je jouais au poste d’arrière alors que Elliot était meneur et Allen ailier fort. On s’entendait tous les trois avec les deux derniers joueurs, donc tout allait bien. J’étais forcément un peu nerveux, mais comme toujours dans ces moments-là, on pouvait compter sur notre capitaine. J’eus droit à mon décoiffage habituel et à des paroles encourageantes. On échangea un sourire complice, avant qu’il ne se détourne pour discuter stratégie avec Allen. Je ne les dérangeai pas et me rendis en avance sur le terrain pour me préparer psychologiquement. Nous n’avions pas le droit de perdre. Je n’avais pas le droit de perdre. Je ne voulais pas voir leur sourire s’effacer. Sans me douter que la victoire serait bientôt le cadet de mes soucis.

Notre adversaire était une équipe aussi forte que la nôtre, avec une très bonne réputation. Leur capitaine était étonnamment jeune pour une équipe de cette catégorie. Il semblait même avoir mon âge. Probablement, un ou deux ans, seulement, de plus. Pourtant, ses coéquipiers plus âgés ne semblaient pas s’en formaliser, échangeant même des regards satisfaits. Je trouvais cela louche et me promis de garder un œil sur ce mystérieux adversaire. Il croisa mon regard et m’adressa un sourire amical qui me prit au dépourvu. Par politesse, je lui rendis un simple signe de tête. Elliot étant étonnamment grand et bien bâti pour un meneur, ce fut lui qui s’avança pour le tip-off. En face de lui se trouvait le pivot de l’autre équipe. Elliot récupéra la balle le premier et me l’envoya. Je la reçus et m’empressai de faire une passe à Allen, le cœur battant déjà la chamade. Quelle serait l’issue de ce combat ?

Nous avions désormais l’avantage. Personne ne pouvait arrêter le trio que je formais avec Elliot et Allen. Même si ces deux-là étaient bien supérieurs à moi, en tant qu’arrière j’avais également mon rôle à jouer. Nous ne laissions pas de côté notre ailier et notre pivot pour autant, mais nul doute que nous formions la clé de voûte de l’équipe. Ce qui n’était pas pour leur déplaire, en vue de notre avance. Cependant, quelque chose clochait. Je voyais souvent mon capitaine et mon vice-capitaine lancer des regards vers le capitaine adverse. Ce dernier semblait étrangement serein, malgré notre avance. Ses coéquipiers semblaient paniquer souvent, mais il les rassurait à chaque fois, sans perdre son calme. Parfois, également, je le voyais lancer des regards vers Elliot, Allen ou même moi. Comme s’il attendait quelque chose. A plus d’une reprise, le coach faillit faire sortir Elliot, pour qu’il se repose un peu. Il devait ralentir son rythme de jeu et se ménager, à cause de son cœur. Mais, à chaque fois que cela arrivait, le capitaine adverse revenait subitement à la charge, rapprochant ainsi nos scores et le danger. Elliot était donc forcé de rester sur le terrain, promettant néanmoins de ralentir la cadence. Allen et moi échangeâmes un regard à un moment, se promettant silencieusement de veiller sur lui ensemble.

Néanmoins, j’avais un mauvais pressentiment. Mon estomac était tordu par l’angoisse. Je ne cessais d’observer notre adversaire, qui semblait si sûr de lui, sentant qu’il préparait quelque chose. J’étais persuadé que ce n’était pas un hasard s’il nous piégeait de la sorte. Il s’en aperçut à un moment et m’adressa un sourire qui me mit curieusement hors de moi. Il allait voir. Je me surpassais afin de ménager mon capitaine et ami. Je voyais bien à leurs têtes que mon frère et mes coéquipiers en étaient les premiers surpris. Je n’avais jamais aussi bien joué. Mais, petit à petit, Elliot se fatiguait dangereusement. On voyait tous qu’il était recouvert d’une quantité de sueur anormale et qu’il était bien plus essoufflé que ce qu’il aurait dû à ce moment du match. Il devait se reposer. Le coach et Allen insistèrent à plus d’une reprise pour qu’il aille sur le banc, mais incroyablement têtu comme il était, il refusa, montrant l’adversaire du doigt. Même si on faisait de notre mieux, même si je jouais comme jamais, le score rapetissait de plus en plus. Comme si le capitaine adverse avait ménagé ses forces, pour pouvoir nous porter ensuite un coup fatal. Et mon mauvais pressentiment ne voulait pas s’enlever, ce qui n’était vraiment pas bon signe. Désormais, je ne pouvais plus détacher mon regard inquiet d’Elliot qui faisait des efforts désespérés pour nous faire gagner. Cela ne m’empêcha pas de donner mon maximum, ne voulant pas le laisser se battre seul. Le même état d’esprit unissait toute l’équipe. Nous étions toujours en tête, après tout ! Rien n’était encore joué.

A présent, nous étions quasiment à la fin du troisième quart temps et nous avions réussi à garder notre avance. Les sourires étaient sur les lèvres de toute l’équipe. A l’exception des miennes. Mon pressentiment s’était renforcé au fil des minutes et n’avait toujours pas disparu. Je ne savais pas pourquoi, mais je ne le sentais vraiment pas. Et je compris pourquoi quand Elliot s’effondra soudain, alors qu’on s’approchait du banc pour la dernière pause. Il essaya de se relever tout de suite, comme à son habitude, mais il se plia en deux, une main serrant son maillot au niveau de sa poitrine. Allen se baissa immédiatement et tenta de le calmer, alors que je restai pétrifié. Je ne pus rien faire d’autre que de le fixer, sans pouvoir le quitter des yeux. Son visage plein de souffrance vainement contenue, son corps recroquevillé... Les voix inquiètes de ses parents et du coach qui nous avaient rejoints, le visage fermé d’Allen... Quelque chose de grave se passait, je le sentais. Je tournais les talons, incapable d’observer cette scène plus longtemps. Quelqu’un me préviendrait s’il se passait quelque chose, après tout. Et pour tout vous avouer, j’espérais que ce ne serait pas le cas... Je ne remarquai pas le regard du capitaine adverse qui me suivit, jusqu’à ce que je disparaisse dans les coulisses.

Appuyé contre le mur, le regard fixé sur celui d’en face, je savais au fond que quelque chose allait se passer. Je l’avais bien vu. Le visage résigné de Elliot malgré sa souffrance, l’inquiétude de ses parents, du coach et d’Allen... Je fermai les yeux. Mon cœur refusait de penser au pire, mais ma raison était réaliste. Je n’eus pas besoin de rouvrir les paupières pour savoir que Allen venait d’arriver. Je le fis néanmoins et sentit mon regard se serrer devant la souffrance que dégageait mon frère. Il me prit dans ses bras comme quand j’étais un petit garçon et me serra fort contre lui. Il m’expliqua alors qu’Elliot allait partir avec ses parents dans une ville très éloignée, afin d’aller se faire soigner dans le meilleur hôpital du pays. Mais, que même avec cela, il y avait peu de chance qu’il survive plusieurs années. Son cœur arrivait en bout de course. Et la greffe n’était pas envisageable, pour un tas de raison plus compliquées les unes que les autres. Pour la première fois depuis longtemps, je laissai s’écouler mon chagrin dans les bras de mon frère qui ne se retint pas non plus.

Escorté par Allen, je me rendis à l'infirmerie. Elliot nous y attendait, en attendant que ses parents s’arrangent pour le faire transférer à l’hôpital, de la manière la plus sécurisée et agréable possible. Alors que j’étais au désespoir, je sentis la rage m’envahir. Le capitaine de l’équipe adverse se tenait devant la porte de l’infirmerie, souhaitant visiblement entrer. Sans laisser le temps à Allen de me retenir, je me jetai sur lui, le plaquant violemment contre le mur. Il se laissa faire et parut à la fois étonné et amusé. Difficile de deviner ce qu’il avait en tête. Je savais qu’au fond ce n’était pas de sa faute. Le cœur d’Elliot était fragile depuis longtemps. Et même s’il l’avait caché à ses proches, il avait su qu’il n’en aurait plus pour longtemps. Mais je ne pouvais m’empêcher de croire que ses efforts dans le match avaient aggravé son état. Ou, pire encore, que ce type était au courant, d’une manière ou d’une autr, de son état et qu’il s’en était servi à son avantage. Allen me força à reculer et présenta ses excuses à l’autre qui s’épousseta en assurant que ce n’était rien. Il s’inclina ensuite devant nous, assurant qu’il était désolé pour notre ami. Il m’adressa un sourire compatissant et ne sembla pas affligé par mon regard noir. Je le regardai s’éloigner, refusant de croire qu’il était complètement innocent. Néanmoins, je devais l’oublier. Pour l’instant, seul Elliot comptait.


Prenant une profonde inspiration, je poussai la poignée. Allen m’avait annoncé que son petit-ami voulait nous voir séparément. Quand je lui avais demandé si cela ne le dérangeait pas, mon frère m’avait traité gentiment d’idiot. Il essayait d’être fort comme toujours, pour ceux qu’il aimait, mais son regard n’avait jamais autant reflété sa souffrance. Je refermai la porte et observai Elliot, allongé sur le lit. Les calmants et les médicaments qu’on lui avait donnés semblaient faire effet. Pour l’instant... Ou alors il dissimulait sa souffrance, ce qui était aussi possible, le connaissant. En m’entendant, il tourna la tête et esquissa un sourire, avant de me faire signe d’approcher.

- Ne fais pas cette tête, Noa ou je vais devoir me fâcher. Ce n’est pas dans tes habitudes de me montrer un visage aussi affligé.
- Je... Excuse-moi.

La gorge nouée, j’approchai, en tentant de me ressaisir. Je m’assis sur la chaise posée à côté de son lit et refusai de croiser son regard. Je savais que si je le faisais, je craquerais. Et je ne voulais pas le faire devant lui. Il fixait à nouveau le plafond et le silence s’installa quelques instants.

- Tu sais, Noa, je n’ai pas l’intention de mourir. Je vais rester quelques semaines, voir quelques mois, dans cet hôpital et ensuite je rentrerais. Je n’ai pas l’intention de te laisser Allen bien longtemps.

Il laissa échapper un petit rire qui sonna, pour moi, plus nerveux qu’autre chose. Je n’étais pas dupe. Et lui non plus. Néanmoins, j’étais reconnaissant de l’effort qu’il faisait pour me rassurer. J’ouvris la bouche pour reprendre la parole, mais j’en fus incapable et la refermai rapidement.

- Et Allen ne serait pas le seul à être triste si je disparaissais... Je ne veux pas laisser mes parents, ma petite-sœur et mes amis. Et je ne veux pas... laisser mon plus grand fan.

Cette fois, il me regarda droit dans les yeux et je ne pus détourner le regard. Le souffle coupé, je compris qu’il connaissait tous de mes sentiments. J’ouvris la bouche, mais ce ne fut pas pour nier. On savait tous les deux que c’était la dernière fois qu’on se voyait. On ne le disait pas, mais on le savait. Comment ? Je n’en savais rien. Certaines choses ne s’expliquaient pas. On les sentait, c’est tout. Hors, je ne voulais pas lui mentir aujourd'hui.

- Je... Je suis désolé.
- Ne t’excuse pas, Noa. Tu as tout fait pour préserver mon lien avec Allen. Et Dieu seul sait combien cela t’a fait souffrir. C’est plutôt à moi de m’excuser... Pour t’avoir fait tomber amoureux. Je sais que c’est égoïste de ma part, mais... Prends-soin d’Allen pour moi, s’il te plaît.

Je hochais la tête, ne pouvant retenir cette fois mes larmes. Elliot me fixa, avant de s’approcher et de prendre mon visage dans ses mains tremblantes. Je me figeai et le laissai poser ses lèvres sur les miennes, avec douceur. Mon cœur battait la chamade et ma raison tentait de se ressaisir, sachant qu’Allen était derrière la porte et que ce n’était pas correct. Mais mon cœur en était incapable. Cela ne dura qu’un court instant, mais c’était mon premier baiser et je ne pourrais jamais l’oublier, malgré mon sentiment de culpabilité.

- Cadeau d’adieu, souffla Elliot avec un sourire penaud. Je suis égoïste, encore une fois, excuse-moi.

J’ouvris la bouche pour parler, mais j’en fus incapable. Insinuait-il que mes sentiments étaient réciproques ? Pourtant... Il aimait mon frère. Pouvait-on aimer deux personnes à la fois ? Je n’en savais rien. Je ne pus que hocher doucement la tête, pour lui faire comprendre que j’acceptais son égoïsme. Pouvait-on vraiment en vouloir à un mourant ? La gorge serrée, je tâchais de ne pas le montrer et, me penchant à mon tour, je déposai mon visage dans ses cheveux roux, restant ainsi un instant. On n’ajouta rien de plus, profitant simplement de la présence de l’autre. Je finis par sortir, après un sourire crispé. Allen m’attendait derrière la porte. Je refusai de croiser son regard, mais acceptai la main qu’il posa sur mon épaule, avant d’entrer dans la pièce. Je me laissai glisser sur le sol et laissai mes larmes couler en silence. Une part de moi espérait toujours l’impossible...

Cela faisait plusieurs mois maintenant qu’Elliot était parti. Même le meilleur hôpital du pays n’avait, au final, rien pu faire. Ah, si cela se trouvait, cela faisait plusieurs années. Je n’en savais rien. J’avais perdu tout repère temporel. La vie n’avait plus aucun sens. Ce que je savais, c’était que j’avais arrêté le basket. J’avais bien essayé, au début. Mais, à chaque fois, je revoyais son visage, notre premier et dernier baiser, tant de scènes douloureuses... Je ne pouvais pas. Je ne pouvais plus. Petit à petit, je sortis de mon état de zombie, mais je n’étais plus comme avant. Allen non plus, d’ailleurs, même s’il était plus doué que moi pour reprendre le dessus. Quelque chose s’était brisée en nous ce jour-là et plus rien ne serait pareil. Mes parents et Allen décidèrent un jour de repartir au Japon. Pour de bon. On avait tous besoin de changer d’air, d’après eux. Cela m’était égal. Complètement égal. Après tout où qu’on aille, il ne serait plus là... Maintenant, nous étions au Japon depuis quelques temps. A Tokyo, plus précisément. Nous étions de retour dans la maison que nous avions louée quelques années plus tôt. J’étais inscrit à Toho Gakuen, le lycée où mes parents travaillaient. Quant à Allen, il allait à l’université et, contrairement à moi, continuait d’arrache-pied le basket. Il avait fait une promesse à Elliot, ce jour-là, à l’infirmerie. Il lui avait promis de devenir professionnel. Moi... Je ne savais pas ce que me réservait l’avenir. Je ne savais plus rien, en fait. J’évitais juste le basket. De l’extérieur, j’avais repris le dessus, mais à l’intérieur, ce n’était pas du tout le cas. Et je ne trompais pas mon entourage. Mais peut-être que l’espoir m’attendait au bout du chemin. C’est ce que je me dis quand je revis, de façon inattendue, Satsuki. J’avais perdu une personne chère, mais j’en retrouvais une autre... Le destin est parfois bien étrange. Pour la suite, et bien, ce sera à vous de me suivre. Si vous le voulez bien.





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Dernière édition par Walker Noa le 18.05.15 13:21, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   08.05.15 15:37

Désolée du triple post

Fiche terminée et corrigée :D

Maintenant j'attends la validation, bon courage au staff uhuhu ~




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MessageSujet: Re: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   09.05.15 11:34

Coucou !

Donc, pour les virgules... Il reste encore de gros oublis de ponctuation. C'est comme dans tes RPs, y en a pleins. Mais heureusement qu'il y a cette fiche, comme ça, tu gommeras ce problème vite fait, bien fait ! c:

Walker Noa a écrit:
Escorté par Allen je me rendis à l’infirmerie...

"Escorté par Allen, je me rendis à l'infirmerie."

Walker Noa a écrit:
Sans laisser le temps à Allen de me retenir je me jetai sur lui le plaquant violemment contre le mur.

"Sans laisser le temps à Allen de me retenir, je me jetai sur lui, le plaquant violemment contre le mur."

Walker Noa a écrit:
Tapant dans ses mains il donna quelques consignes d’une voix haute et ferme quoique des plus amicales. Surpris de son sérieux je ne pus que le fixer à nouveau sans arriver à m’en détacher.

"Tapant dans ses mains, il donna quelques consignes d’une voix haute et ferme, quoique des plus amicales. Surpris de son sérieux, je ne pus que le fixer à nouveau sans arriver à m’en détacher. "

Walker Noa a écrit:
Il s’inclina ensuite devant nous assurant qu’il était désolé pour notre ami. Il m’adressa un sourire compatissant et ne sembla pas affligé par mon regard noir. Je le regardai s’éloigner refusant de croire qu’il était complètement innocent. Néanmoins je devais l’oublier. Pour l’instant seul Elliot comptait.

"Il s’inclina ensuite devant nous, assurant qu’il était désolé pour notre ami. Il m’adressa un sourire compatissant et ne sembla pas affligé par mon regard noir. Je le regardai s’éloigner, refusant de croire qu’il était complètement innocent. Néanmoins, je devais l’oublier. Pour l’instant, seul Elliot comptait."

Valà~
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   18.05.15 9:27

Hello Noa !

J'aurai aimé savoir si tu avais apporté des corrections sur ta fiche de présentation afin que l'on puisse passer à la validation.





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MessageSujet: Re: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   18.05.15 13:25

Alors oui j'annonce, officiellement, que j'ai fini de corriger cette satanée fiche :D

Merci pour tes conseils Mura, ils m'auront été précieux :3

Je ne pense pas que la correction soit parfaite, mais on va dire que j'ai fait de mon mieux >w<

Merci à ceux qui auront pris la peine de lire ma fiche, en partie ou en entier, qu'ils soient du staff ou non *s'incline solennellement*





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MessageSujet: Re: On n'échappe pas à son destin - Walker Noa - Fini !   18.05.15 19:45




Wan wan!
Tu es validé(e) !

Avis de Tsubaki : Je vais être franche: c'était long. Et heureusement que tu as raccourci quand même. Comme on te l'as fait remarqué, fait gaffe à la ponctuation. Dans l'ensemble, tu écris très bien, comme toujours, ce n'est pas moi qui va dire le contraire ~ J'espère te voir active sur ce compte. Tu as mon OK pour ta validation !

Avis de Satsuki : Dieu, ta fiche est longue et autant te le dire, tu aurais pu raccourcir à certains endroits ! Bon, j'aime ta façon d'écrire et j'aime Noa donc je ferme les yeux sur toutes les pages que tu as du faire ... Paix à tes doigts ~ Si je devais mettre un bémol, je dirais que l'histoire est trop poussée. Moi qui aime imaginer la suite ;~; Mais je le redis, j'aime Noa, je vais rester curieuse, bien évidemment ! Tu as ma validation, bon RP parmi nous ♥

Avis d'Atsushi : Une fiche loooongue (tu voulais que je le dise c:) mais complète. Parfois des longueurs et un scénario trop dramatique mais ce ne sont que mes goûts. Tu as corrigé la ponctuation et ça montre que tu es motivée ! Noa sera un bon manager et je pense que Momoi est contente de te voir enfin parmi eux, à Too~


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